Tout savoir sur l’éducation positive

5 Avr 2018 | Famille

Depuis des décennies, il n’y a qu’une manière d’éduquer qui se transmet de générations en générations. Cette éducation, elle se base sur un principe simple : féliciter l’enfant quand il fait quelque chose de bien et le réprimander lorsqu’il fait des bêtises. Mais depuis quelques temps, on entend beaucoup parler de l’éducation positive, que ce soit dans les livres ou dans les documentaires spécialisés dans l’éducation. Mais alors, de quoi s’agit-il vraiment ? Quels sont les avantages de cette éducation positive chez les enfants ? Est-ce recommandé et si oui quels sont les prérequis pour pouvoir mettre en place cette éducation positive ? Nous allons essayer de voir ces différents points dans cet article pour essayer de comprendre tous les aspects de l’éducation positive.

Le principe de l’éducation positive

Contrairement à l’éducation traditionnelle, l’éducation positive se veut plus compréhensive. L’approche est totalement différente car elle consiste à mettre en avant les bons comportements de l’enfant ainsi que ses qualités. Exit les phrases qui ont tendance à dévaloriser l’enfant, même si c’est pour lui faire comprendre qu’il a tort. Isabelle Filliozat a d’ailleurs fait de son livre un best-seller avec plus de 62000 exemplaires vendus. Intitulé « J’ai tout essayé », le livre parle de l’éducation des enfants et des différentes manières de le faire. L’auteure souligne d’ailleurs que l’éducation positive vise à gérer plus intelligemment les « crises » de l’enfant.

Supposons qu’un enfant appelé Ethan rentre de l’école de mauvaise humeur. Arrivé à la maison, il lance son cartable sur la table à manger et va s’installer devant la télé en mettant le volume de celle-ci à fond. Lorsque sa mère lui demande de baisser le son, il s’énerve et s’enferme dans sa chambre, faisant claquer la porte bien fort au passage. Au lieu de rentrer dans sa chambre et de le réprimander, ses parents viennent lui parler. Sa mère prend la parole et dit : Ethan, mon fils. Tu as toujours été un garçon formidable. Qu’est-ce qui te tracasse au point de te mettre dans cet état ? Pas plus tard que ce matin tu étais adorable quand tu m’as aidé à préparer le petit-déjeuner de papa ». Grâce à cette approche, l’enfant aura davantage envie de se livrer et d’exprimer ses sentiments.

L’éducation positive : une stratégie innovante

Avec l’éducation positive, l’enfant prend conscience de sa place au sein de la famille. Il sait qu’on attend de lui qu’il soit responsable et raisonnable. Lorsque les parents mettent en exergue les atouts de l’enfant, ce dernier gagne de la confiance en soi car il réalise que ses parents ont confiance en lui. Il va alors se surpasser pour être à la hauteur de cette confiance. Si à contrario les parents ne pensent qu’à le punir, l’enfant peut se sentir incompris et faire d’autres bêtises dans un excès de colère. Il faut comprendre que l’éducation positive est une manière totalement innovante d’éduquer un enfant. Cela implique beaucoup de patience, beaucoup de détermination et surtout une présence et une écoute sans failles.

Elever un enfant avec moins de punitions, est-ce que cela fonctionne ?

A priori, il peut sembler impossible d’inculquer des valeurs à un enfant sans le punir lorsqu’il fait des bêtises. Il faut comprendre que l’éducation positive n’est pas une éducation qui exclut la discipline, au contraire. L’objectif de l’éducation positive, c’est de transformer chaque problème en une opportunité d’apprentissage. Cela commence alors par établir des règles. Sans une discipline bien établie, il serait difficile de faire comprendre à l’enfant ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire. Un enfant qui décide de lui-même de s’excuser après une erreur, c’est déjà bien. Mais si les parents peuvent en discuter avec lui de manière à lui montrer de meilleures façons d’agir ou de réagir à l’avenir, c’est encore mieux. Et c’est là l’intérêt principal de l’éducation positive : aboutir à une prise de conscience de l’enfant sans passer par la case punitions.

Une relation basée sur le respect mutuel

L’éducation classique tend à imposer à l’enfant le respect de ses parents. Pourquoi ? Parce que c’est ainsi, point final. Mais avec l’éducation positive, le respect doit s’obtenir sans qu’il n’y ait tant de rapport de force. L’enfant doit respecter ses parents parce qu’il réalise que ses parents le respectent. Eduquer un enfant en le frappant lorsqu’il fait des bêtises, c’est manquer de respect à ce corps et les sentiments qui ont pu l’amener à faire cette bêtise. En instaurant un principe de dialogue, de confiance et respect, les parents ont davantage de chances d’obtenir le respect de l’enfant plutôt que de développer chez lui un stress permanent lié à la sévérité et à l’autorité parentale.

Les parents doivent donner l’exemple

Il est tout à fait possible d’éduquer un enfant sans le gronder et le punir incessamment. Toutefois, il a besoin d’avoir des repères précis pour déterminer ce qui est bien et ce qui est mal. Obtenir la confiance de l’enfant ne suffit pas, il faut également obtenir son respect. Cela implique alors que les parents soient des modèles de vie notamment en termes de communication. Il faut que les parents puissent s’adresser clairement à leurs enfants lorsqu’ils leur demandent quelque chose et lorsqu’ils veulent expliquer quelque chose. Ainsi, l’enfant aura tendance à exprimer ce qu’il ressent de manière précise. Par exemple, il apprendra à associer des mots à son sentiment de colère ou d’inquiétude, au lieu de faire des bêtises pour attirer l’attention de ses parents.

S’exprimer : indispensable pour être compris

Beaucoup d’enfants font des bêtises parce qu’ils se sentent incompris. Il faut savoir pourtant que la croissance d’un enfant s’accompagne de beaucoup de doutes, de craintes et de questionnements. Les enfants qui n’ont pas la possibilité d’exprimer ce qu’ils ressentent peuvent alors être amenés à faire des bêtises. Cela peut arriver par frustration ou tout simplement par sentiment d’être incompris. L’enfant doit comprendre que s’il sait exprimer ce qu’il ressent, ses parents ou ses éducateurs trouveront plus facilement le moyen de l’aider. Il est alors indispensable pour les parents de leur apprendre à exprimer ce qu’ils ressentent et de leur montrer la manière de le faire. Par exemple, l’expression de la joie fait partie intégrante de l’épanouissement d’un enfant. Danser sous la pluie, chanter à tue-tête, courir en riant font alors partie des moyens d’extérioriser efficacement cette joie. Il en est de même pour la tristesse, les craintes et les nombreux autres sentiments qui peuvent traverser l’enfant.

Savoir nuancer un enfant gâté et un enfant aimé

Certains parents font l’erreur de penser qu’en interdisant certaines choses à leurs enfants, ces derniers ne vont pas se sentir aimés. A contrario, il y a ceux qui pensent que des enfants qui sont moins punis vont devenir gâtés pourris. Avec l’éducation positive, l’objectif est de trouver le juste milieu. En effet, l’enfant doit comprendre que les adultes ont le droit et la possibilité de le punir, mais qu’ils préfèrent le laisser constater ses erreurs et en tirer des leçons. Le jour où l’enfant en prendra connaissance, il voudra se montrer à la hauteur de cette confiance et fera en sorte que ses parents soient fiers de lui, en se comportant bien et en se conformant à l’exemple qu’ils donnent.

Gérer l’émotionnel pour mieux comprendre le problème

Un enfant qui « fait une crise » doit être abordé de manière judicieuse. L’envoyer dans sa chambre pour se calmer ne résoudra rien, puisqu’il continuera à y ruminer ses sentiments. Par ailleurs, ce n’est pas non plus le meilleur moment pour en discuter. Il faut savoir qu’un enfant qui « pète les plombs » est dans une situation de stress aiguë. Dans ces situations, apprendre à l’enfant à se calmer est plus efficace que de le calmer avec des sommations ou des menaces. Les parents doivent commencer par accepter le stress de l’enfant. Des phrases comme « ta journée a été difficile » ou encore « asseyons-nous, tu as eu une journée éprouvante » permet à l’enfant de réaliser que les parents sont en mesure de comprendre ce qu’il ressent. Ainsi, il sera davantage en mesure de s’exprimer.

Ne soyez pas avare en tendresse

D’après les scientifiques, les mots doux et les marques d’affection doivent faire partie du quotidien au sein de la famille. En effet, ils ont tendance à favoriser la sécrétion de l’ocytocine, surnommée hormone du bonheur. Dès leur plus jeune âge, il faut donc apprendre aux enfants à exprimer ce qu’ils ressentent avec des mots, des gestes tendres. Pour cela, aux adultes de donner l’exemple. Les « je t’aime », les « tu me manques » ou encore « je pense à toi » ne doivent surtout pas être tabous. Si l’enfant ne sait pas exprimer ces sentiments, il aura tendance à les refouler. Forcément, les impacts sur son équilibre psychologique seront dévastateurs. En effet, un enfant a besoin d’aimer et de se sentir aimé : cela le rassure et lui donne confiance. Il faudra également créer des opportunités pour développer cette relation parent enfant : jouez ensemble, faites-le participer à vos tâches ménagères et autres activités, etc.

Articles similaires

Suivez-nous

© 1999 – 2019 / Tous droits réservés