Comparatif des systèmes éducatifs dans le monde

5 Mar 2018 | Education

Le système éducatif a toujours été un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Mais en comparaison avec les autres pays, que vaut la France par rapport à son système éducatif ? Cet article a pour vocation de comparer les systèmes éducatifs de quelques pays. Il y a plusieurs critères à prendre en compte dans ce comparatif. Par exemple, on pourra parler des rythmes scolaires, des politiques des gouvernements par rapport aux dépenses d’éducation ou de la performance des systèmes scolaires…

Age d’entrée à l’école

Commençons par l’entrée à l’école. Elle ne se fait pas au même âge dans tous les pays : comparons donc l’âge de scolarité obligatoire. Au Japon par exemple, les élèves doivent être scolarisés entre 6 et 7 ans. C’est également le cas de nombreux pays comme l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Belgique, etc. D’autres pays poussent les enfants à intégrer l’école plus tôt. Dans des pays comme les Etats-Unis d’Amérique, les Pays-Bas ou encore le Royaume-Uni, l’âge de scolarisation obligatoire est fixé à 5 ans.
On constate par ailleurs que dans presque tous les pays, la grande majorité des enfants intègrent l’école à l’âge de 3 ou 4 ans. C’est d’ailleurs le cas de la France, de l’Espagne, des Etats-Unis et de bien d’autres pays. Dans d’autres pays comme la Norvège, le Portugal, La Grèce, la Slovaquie, la Finlande et bien d’autres encore, la plupart des enfants sont scolarisés à 6 ans.

Quid des rythmes scolaires

Le rythme scolaire est également un sujet très discuté en France comme dans de nombreux pays à travers le monde. D’ailleurs, il est important de rappeler que le rythme scolaire français a été sujet à quelques réformes suite à de vives critiques.
Pour commencer, il faut savoir que la période de rentrée n’est pas la même en Europe ou dans d’autres pays étrangers. Il y a donc un certain décalage entre les années scolaires : deux enfants du même âge, ayant commencé l’école à l’âge de 4 ans peuvent ne pas se trouver dans la même classe entre deux pays. Il y a différents facteurs qui influencent cette période de rentrée : la saison et le climat, ou l’organisation interne des gouvernements. Les pays nordiques comme la Norvège ou la Finlande débutent notamment l’année scolaire dès le mois d’août.
En ce qui concerne la durée de l’année scolaire, elle varie selon les pays. Il a été démontré qu’une année scolaire qui s’étale sur une période plus longue est bénéfique pour les élèves. En effet, le rythme est assez souple, permettant une meilleure assimilation chez les élèves. On note alors que plusieurs pays ont opté pour le rallongement de leur année scolaire : c’est le cas du Japon, de la Pologne, de la Corée ou encore de l’Italie et bien d’autres encore. A contrario, on note que certains pays ont décidé de raccourcir leur année scolaire. La tendance tourne alors autour de 38 à 40 semaines de cours. Par exemple, la Russie a diminué son programme de 10 semaines tandis que la Grèce en a enlevé 4. Pour certains pays comme la France, l’année scolaire se divise en trimestres. D’autres comme les Etats-Unis appliquent un programme de deux semestres.

Combien de jours dans la semaine ?

Ici aussi, les pays ont chacun leur vision de la semaine idéale. De manière générale, la semaine est composée de 5 jours de cours : c’est le cas par exemple de la Grande-Bretagne, du Canada ou du Danemark. Par contre, d’autres ont choisi de réduire le nombre de jours de cours dans la semaine comme l’Italie et la Belgique, où les élèves ne travaillent que 4,5 jours. Qu’en est-il de la France ? Il se trouve que c’est un sujet épineux. En effet, le système éducatif a été rénové sur ce point là : auparavant, les élèves allaient en cours 4 jours par semaine. Cela a créé une vive polémique car le rythme de travail était trop lourd pour eux. Depuis quelques années, le gouvernement a instauré un minimum de 9 demi-journées. Quant aux élèves de l’école primaire, ils travaillent 4 jours dans la semaine. Toujours est-il que la France s’en sort avec 178 jours de cours à l’école secondaire, tandis que la moyenne OCDE affiche 187 jours de cours. Même s’ils sont très peu nombreux, d’autres pays ont une semaine plus longue avec 5,5 jours. Les élèves viennent donc en cours le samedi matin. C’est le cas de l’Autriche ou de l’Indonésie. Au Japon par exemple, la semaine compte 5,5 jours de cours, totalisant 210 jours par année. D’ailleurs, le pays du soleil levant se démarque car son système éducatif est très élitiste. Même pour accéder à l’école maternelle, les enfants sont triés par voie de concours.

Les performances éducatives de la France par rapport aux autres pays

La dernière édition de l’enquête PISA ou Program International Student Assessment vient de paraître. Pour rappel, il s’agit d’une enquête qui vise à déterminer la qualité des acquis des élèves dans le monde entier. En d’autres termes, il s’agit d’évaluer des élèves de 15 ans dans de nombreux pays afin de déterminer l’étendue de leur savoir et ce qu’on leur a transmis comme enseignement. 7 pays asiatiques se retrouvent dans le top 10 de ce classement. En effet, les 10 pays à se retrouver en tête du classement sont : Singapour, Japon, Estonie, Taipei, Finlande, Macao, Canada, Vietnam, Hong-Kong et enfin Pékin-Shanghai-Jiangsu-Guangdong. Quant à la France, elle se retrouve 26ème ex-aequo avec l’Autriche. Elle recule d’une place par rapport au dernier classement en 2012. En effet, l’échec scolaire atteint un taux anormalement élevé. Par exemple, 40% des écoliers présentent des lacunes importantes à l’issue du CM2, surtout en calcul, en écriture ou en lecture. Il serait trop long ici de lister tous les dysfonctionnements du système éducatif qui aboutissent à ce déclin du niveau des élèves. Cela fera l’objet d’un prochain article.

Universités : ce qu’il faut savoir

Le système d’enseignement supérieur n’est pas le même dans tous les pays. D’ailleurs, il y a des disparités importantes dans plusieurs domaines. Tout d’abord en termes de coût. : par exemple aux Etats-Unis, les étudiants doivent débourser une véritable fortune pour leurs études : environ 15000 euros. Et encore, cette somme peut monter jusqu’à 40000 euros s’il s’agit d’une grande école. Bien évidemment, c’est sans compter le logement, l’alimentation et autres frais divers. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les parents américains épargnent pendant de nombreuses années afin d’envoyer leurs enfants à l’université. Autrement, les élèves doivent souscrire un crédit pour pouvoir financer leurs études. L’ironie, c’est qu’ils sont endettés avant même d’obtenir leur diplôme, sans encore être entrés dans le monde du travail.
Au Royaume-Uni, les frais de scolarité sont moins élevés qu’aux Etats-Unis (environ 6500 euros). Toutefois, ils sont assez conséquents pour ceux qui veulent intégrer une université de renom comme Cambridge ou Oxford.
En France, par contre, les frais de scolarité varient selon la branche choisie. Généralement, ils se situent à moins de 500 euros pour les filières générales mais la facture est largement plus élevée lorsqu’on parle de formations médicales, d’écoles de commerce, de management ou autres.

Frais scolaires : qu’en est-il de la France par rapport aux autres pays ?

Chaque pays a sa propre politique par rapport aux dépenses d’éducation. Certains gouvernements engagent beaucoup de fonds dans l’éducation, en diminuant d’autres postes de dépenses comme l’armée. D’autres n’en font clairement pas une priorité.
Les gens ont tendance à penser que ce sont les pays les plus industrialisés qui investissent le plus dans l’éducation. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. A titre d’exemple, c’est la Nouvelle-Zélande qui se retrouve en tête du classement. En effet, les dépenses d’éducation des néo zélandais atteignent 21,6% de leur dépense publique. Dans le top 3, on retrouve également des pays émergents comme le Mexique et le Brésil, qui investissent respectivement 20,5% et 19,2% de leur dépense publique dans l’éducation. Il semble alors que la tendance de ces pays soit de prioriser l’avenir et de construire le développement de demain à travers une meilleure éducation. Les dépenses d’éducation atteignent 13,6 % aux Etats-Unis, 9,1 % chez les Nippons et 8,6 % en Italie.
Quant à la France, elle consacre 10,2 % de la dépense publique dans l’éducation. On dit que l’Etat dépense beaucoup trop dans l’éducation. Pourtant, dans un classement de 14 pays de l’OCDE, la France fait partie de ceux qui investissent le moins. Elle finit notamment bonne dernière sur 14 par rapport aux dépenses d’éducation en primaire. La raison est simple : parmi les pays riches, la France a les enseignants d’école primaire les moins payés. D’ailleurs, le manque crucial d’enseignants pousse l’Etat à « brader » les postes : les exigences sont très souples afin de booster les recrutements et de maintenir bas le niveau des rémunérations. C’est cette politique qui est vivement critiquée en France : l’Etat devrait investir dans des méthodes de formation et de recrutements plus poussées. Au lieu de cela, c’est le coût du travail qui est revu à la baisse.

En ce qui concerne les inégalités sociales et l’éducation

’instauration des ZEP ou Zones d’Éducation Prioritaires était destinée à équilibrer la scolarisation sur tout le territoire français. Le principe, c’était d’allouer plus de moyens aux établissements scolaires en difficulté. Ainsi, les élèves vivant dans des zones fragiles (socialement et scolairement parlant) pourraient bénéficier d’une éducation digne de ce nom.
Sauf que le dispositif ne parvient pas à offrir une meilleure éducation à ces élèves en ZEP. Les absences sont répétées, tant chez les élèves que chez les enseignants, le plus souvent débutants car les professeurs expérimentés choisissent des affectations plus sympathiques. Les problèmes de société empêchent aussi l’ensemble d’avancer dans le bon sens. Il semblerait que dans ces ZEP, 1/5 du temps serait dépensé à instaurer et maintenir un climat favorable pour l’enseignement. Bien évidemment, les répercussions sur le programme scolaire sont importantes. Les ambitions sont révisées à la baisse, les moyens qui sont mis également. Par exemple, le nombre d’heures de cours de français diminue considérablement dans les ZEP. De plus, on ne demande plus aux élèves de se surpasser mais de faire au mieux. Tout cela ne fait alors qu’accentuer les inégalités sociales : l’éducation ne sera jamais la même dans une zone favorisée, une zone mixte et une zone défavorisée puisque les moyens mis en place et les stratégies de mixité sociale sont inefficaces.
Aux Etats-Unis, c’est l’accès à l’éducation de qualité qui n’est pas le même pour tous. Comme il a été dit plus haut, les études universitaires américaines sont très onéreuses. Il est donc logique que tous ne puissent pas y accéder. En comparaison avec un enfant issu d’une famille modeste européenne, l’enfant américain vivant dans les mêmes conditions a moins de chances de connaître une éducation supérieure de qualité. D’ailleurs, les 146 meilleures universités des Etats-Unis sont en grande partie fréquentées par des élèves issus de familles aisées. En effet, la classe moyenne inférieure ne représente que 10 % des élèves de ces universités-là. Si cette dernière peut y accéder, c’est notamment parce que les Américains ont décidé d’épargner pour donner à leurs enfants la chance d’aller dans de bonnes écoles. Il s’agit d’un système très élitiste dont la France devrait peut-être s’inspirer afin de permettre aux Français d’accéder à des programmes ambitieux et concurrentiels.

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